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Pourquoi méditer

Méditer ce n’est pas arrêter le flot de nos pensées, mais plutôt, apprendre à les observer.   Nous avons en moyenne entre 60 000 et 90000 pensées qui traversent l’esprit chaque jour. Ainsi, les périodes de méditation nous permettent de nous arrêter pour observer et prendre conscience que souvent certaines d’entre elles sont récurrentes et dominantes. On prend conscience que certaines pensées occupent une grande place dans notre tête et que malheureusement, elles peuvent devenir une vérité et dicter notre quotidien.

Méditer, c’est une belle occasion d’en apprendre plus sur Soi et de comprendre qui l’on est vraiment. Méditer c’est prendre conscience du schéma de nos pensées. Notamment, on apprend à percevoir nos croyances limitantes.

Par le fait même, on arrive à distinguer les pensées qui sont réellement les nôtres, de celles qui viennent de notre éducation, de notre entourage, de la société, etc. On apprend à voir quelles sont nos réactions automatiques en lien avec nos conditionnements. Ces réactions vont créer nos habitudes, vont régir nos façons de faire et malheureusement, parfois, sans en être conscients, vont dicter notre vie.

En yoga, on affirme que la souffrance provient du mental. La souffrance vient de la perception du mental face à une situation.  Ce n’est pas la situation en soi qui nous fait souffrir, mais plutôt notre réaction ou notre perception face à la situation.

En méditant, on observe nos pensées (nos croyances limitantes) dans le but de prendre du recul face à celles-ci. Ainsi, nous pouvons éventuellement nous en détacher et être libres des fluctuations de l’esprit.

Dans la vie, nous avons tous un objectif commun, soit d’être libres et heureux. Nous souhaitons être libres de ces conditionnements qui ont une influence sur notre façon d’Être et de percevoir la vie.  Libres de toutes ces résistances face à ce que la vie nous propose. La seule et unique façon de se libérer et de ne pas s’identifier à nos pensées. Mais simplement de les observer. La seule façon d’Être libre et heureux, c’est de se détacher de cette fausse identification au petit moi qu’on appelle l’égo (pensées, désirs, répulsions, émotions, attachements, etc).

En pratiquant de façon régulière la méditation, avec beaucoup de patience, la persévérance et la bienveillance, nous arrivons à prendre une distance face à ces pensées. Par conséquent, on devient celui qui observe, le témoin, cet espace où se trouve notre véritable essence, la pure conscience. 

En observant une pensée avec détachement, nous arrivons à faire la distinction entre la pure conscience et les conditionnements ou fausse identification (égo). Nous pouvons alors être en paix avec ce qui est et accueillir chaque expérience comme une expérience nouvelle.

Finalement, en méditant, on prend conscience que la façon dont on perçoit le monde extérieur est simplement le reflet de notre monde intérieur. Si on veut changer ce qui se passe en dehors, il faut venir observer ce qu’il faut modifier en dedans ♥.

De mon coeur au tien, là ou nous ne Sommes qu’un, je te salue, Namaste ♥.

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Tout bouge, tout change ; parinâma

J’ai commencé à enseigner le yoga il y a 5 ans.

Lorsque j’ai commencé à enseigner le yoga, mes aspirations gravitaient autour de l’enseignement des asanas. Je mettais beaucoup l’accent sur la pratique de postures. J’avais pourtant suivi une formation de viniyoga, une formation ou la philosophie, les yoga sutra, occupent une grande place.

Autant à travers mon enseignement qu’à travers mes propres pratiques, je mettais majoritairement l’accent sur les postures. Je me suis rendu compte que juste faire des postures de yoga, plutôt que pratiquer des postures de yoga,  ne répondait pas totalement à mes besoins. J’ai donc replongé dans mes livres pour finalement intégrer la philosophie à travers mes pratiques personnelles, puis  dans les cours que je guidais. Tout bouge, tout change.

 

J’ai résisté (dvesha, un des 5 klesha), pendant un certain temps face à mon propre cheminement en me confrontant à vouloir attirer une clientèle qui voulait travailler les asanas, à vouloir être celle que je n’étais pas. Contrairement à ce que je pensais, ce que je voulais autant pour moi que pour les autres, c’était de passer à travers le corps pour accéder à l’esprit. Accéder à ces conditionnements qui ont guidé ma vie durant les trente premières années. Ces « pensées automatiques » comme je les appelle souvent dans mes cours. Ces messages souvent inconscients (venant de l’éducation, des relations, des expériences), que j’ai « acheté » comme une vérité. Parmi ces messages inconscients, il y avait entre autres, celui que je devais faire ce que les autres attendait de moi pour être aimé, avoir peur de m’affirmer par peur de me faire juger, avoir peur de prendre ma place, car je n’en valais pas la peine, toujours faire quelque chose (être en action dans une tâche) car sinon j’étais paresseuse, toujours être là pour les autres par peur d’être oublié, etc.

Lorsque j’ai commencé à vivre les postures de yoga et à écouter les sensations et les émotions qu’elles faisaient monter en moi, j’ai commencé à laisser aller des couches. J’ai laissé aller des couches de ces conditionnements, des couches de souffrance, des couches de « fausses vérités ». J’en ai pleuré des larmes! Des larmes qui ont percé une grande carapace, des larmes qui m’ont libéré d’un grand bouclier. Ce bouclier qui m’avait permis de me montrer forte, de garder un masque, celui ou tout va bien en toutes circonstances. Eh bien, les larmes elles, m’ont données accès à la vulnérabilité. Quel beau cadeau!

En décembre 2018, j’ai terminé l’année avec le constat que j’étais enfin (presque!) le professeur que je devais (intuition et voie intérieure) et que j’avais envie d’être.  Celle qui est douce, qui veut prôner l’Amour de Soi en dépit de tout ce qui a été, qui veut aider les gens à vivre au présent, à prendre le temps, à éprouver du contentement face à leur vie, à voir le beau, mais aussi à bien vivre les dualités, etc. J’avais enfin (presque!) complètement éliminé le sentiment d’imposteur (t’sais celui ou tu as l’impression que tu n’es pas à ta place…). Toutefois, il fallait que je me sente bien, sans m’y attacher et prendre ce sentiment pour acquis ( raga, un des 5 klesha).

Pourquoi je vous parle de tout ça aujourd’hui? Parce que sans m’y attacher , je me sentais bien et à l’aise avec mon type d’enseignement. J’étais enfin (presque!) assumée dans ce que je voulais transmettre, dans ce que je voulais enseigner. L’Amour et l’acceptation de ce qui est…. Que tout bouge et tout change constamment et bien plus, mais en gros que l’Amour prime toujours!

Puis est arrivée la covid-19, le confinement, le changement et l’adaptation à nouveau. Au début, je ne savais pas trop comment faire pour m’ajuster, je voulais garder contact, mais sans contact… je ne sais pas comment faire des vidéos, comment mettre en ligne, comment faire pour transmettre quelque chose d’intéressant à distance. Puis… je me suis lancée j’ai commencé à mettre des vidéos en ligne, j’ai commencé à enregistrer des séances de relaxation, j’ai enregistré des séances de méditation, j’ai commencé une « chaîne you tube » et encore une fois, le sentiment de l’imposteur s’est emparé de moi, le doute est revenu…est-ce que ça vaut la peine que je fasse ça? Est-ce que les gens regardent les vidéos? Est-ce que ce je j’enregistre est intéressant?

La semaine dernière, lorsque le gouvernement a annoncé que peut-être les activités de loisirs, culturelles et sportives reprendraient seulement en 2021, ouffff… quelle claque au visage! Ça, ça veut dire que je n’ai pas fini d’être inconfortable… puis je me suis souvenu à nouveau de cette merveilleuse philosophie, que « rien nous demande plus, d’énergie que de résister au changement ».

Alors, je vais me réajuster encore, élargir mes horizons, aller chercher des programmes pour améliorer les vidéos, des outils pour l’enregistrement, mais surtout je vais continuer de croire en moi, parce qu’au fond, moi, (la source ou le purusha) je suis toujours la même. Au plus profond de moi, ce désir de transmettre, d’enseigner, de répandre l’Amour et le bien Être n’a pas changé.

Je vais continuer à sortir de ma zone de confort, car c’est ce qui me fera le plus grandir. Je vais continuer d’oser, quitte à me tromper, pour apprendre, pour m’améliorer.

Surtout, je me rappelle que cette situation, elle est temporaire et encore une fois, elle changera, car au final, « il n’y a rien de plus permanent que le changement ».

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Quand la peur devient anxiété…

Depuis maintenant deux mois que nous sommes en confinement, (ou non, pour ceux qui sont au front). Mais dans tous les cas, nous sommes quotidiennement bombardés d’informations qui contiennent des mots, comme « mourir », « danger », « protéger », « responsable ». Par conséquent,  à travers toutes ces informations, notre cerveau se met parfois en mode “peur” et il cherche par tous les moyens de se rassurer en se disant que #ça va bien aller !

 D’abord, c’est normal d’avoir peur, c’est ok, ça fait partie intégrante de l’être humain depuis le début des temps.  D’ailleurs, c’est la peur qui fait en sorte que le corps se met en action et active le mode ”survie” afin que le cerveau déclenche les hormones nécessaires pour ”fuir” ou ”combattre”.

Toutefois, le constat est que parfois cette peur se transforme sournoisement en anxiété. Sans avertir, sans donner de signe précurseur… boom…  ce sentiment d’anxiété vient occuper toutes nos pensées et elle vient aussi teinter notre perception de la réalité.

Cette anxiété sournoise se manifeste, car elle nous ramène à la façon dont  la mémoire (smriti)  a stocké certaines expériences douloureuses du passé. 

L’esprit nous ramène alors la réminiscence de l’expérience des événements éprouvants qui ont laissé des traces.  Par exemple, la perte d’un être cher où le deuil n’est pas complété, le combat contre une maladie ou un virus qui nous a demandé beaucoup de force et d’énergie, un divorce, une séparation, la fin d’une relation significative ou encore toute situation affligeante qui ont laissé des cicatrices dans l’esprit.

Alors, cette anxiété vécues face aux expériences souffrantes du passé, surgira et nous amènera à anticiper cette souffrance face au futur. Elle se manifestera face à la peur de perdre à nouveau un être cher, face à notre propre peur de la mort, (possible mais non assurée), face à une solitude que nous croyons impossible à gérer ou encore face au fait d’avoir à lutter à nouveau pour la santé. La vrai souffrance est liée à cette mémoire (smriti) de l’expérience de la souffrance…même si dans l’instant tout va bien.

Le sentiment d’anxiété fait vivre toute sorte de sensations au niveau mental; une impression de tempête dans la tête, une sensation de tourbillon, une grande agitation au niveau des idées, l’impression de perdre le contrôle sur nos pensées, de l’insomnie et parfois même par un ressenti de déconnexion avec la réalité.

L’anxiété se fait aussi sentir par des sensations physiques telles que des douleurs diffuses ou spécifiques, des étourdissements, des engourdissements, des sensations d’oppression au niveau de la poitrine… une sensation de ne plus faire partie de son corps. 

Bref, dans les deux cas, un grand sentiment d’inconfort et de perte de contrôle seront présents. Notamment, vous aurez compris que le sentiment d’anxiété se présente lorsque l’esprit vagabonde entre le passé et le futur.

Vous vous reconnaissez dans cette description ?

En premier lieu, je veux vous dire que c’est ok!  La première chose à faire est d’adopter une attitude bienveillante envers vous-même. Souvent, nos réflexes premiers seront orientés vers des émotions de culpabilité, on va se discréditer et  on va s’en vouloir d’avoir de telles pensées obsessives, parfois même paralysantes.  Cependant, la première étape est l’acceptation, la prise de conscience de l’état ou du sentiment , le tout accompagnée de bienveillance. Prenez le temps de vous arrêter, de ressentir, d’être conscient de ce qui se passe. Ensuite, ramenez de façon consciente, avec beaucoup de bienveillance votre attention à votre outil le plus précieux et le plus puissant ; le souffle, celui qui va vous permettre de revenir ici et maintenant.

Ramenez toute votre attention au va et vient de la respiration, en attendant patiemment la fin de l’inspire avant d’initier l’expire. Accueillez les sensations de chaque respiration, en prenant le temps de ressentir la légère suspension entre les deux phases d’inspiration et d’expiration. Restez présent à ce moment, Ici et maintenant, à tout ce qui en fait partie, un inspire à la fois et un expire à la fois…. Chaque fois que votre esprit se promènera entre le passé et le futur, prenez le temps de le ramener avec bienveillance, avec patiente, avec compassion à la respiration de cet instant, ici et maintenant, un inspire à la fois et un expire à la fois. 

Éventuellement, à force de revenir régulièrement ici et maintenant, on pourra faire la paix avec ce qui a été, ce qui Est et ce qui sera. 

 

Namaste

 

*** Attention, ce texte est basé sur les principes des yoga sutra face aux perturbations du mental liées à la mémoire du passé. Ce texte ne s’adresse pas à une personne souffrant d’un trouble anxieux diagnostiqué. Attention de ne pas confondre. Ce texte ne remplace pas une consultation avec un professionnel de la santé.

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Les yoga sutra ou la philosophie du viniyoga

Équilibre, les trois gunas 

Les trois gunas

En yoga, on nomme les trois qualités fondamentales de la nature (prakritti, univers) les gunas.

En sanskrit, le mot « guna » veut dire corde. Ce qui veut dire que ces trois éléments sont inter reliés et ils sont aussi liés entre nous et l’univers.

Comme dans tous les concepts du yoga, le but est de trouver l’équilibre sattva, (harmonie, clarté, légèreté) entre tamas (lourdeur, inertie) et rajas (action, énergie, mouvement).

En cette période disons qui est d’un grand déséquilibre, c’est assez facile de vagabonder entre les deux polarités, rajas et tamas

Rajas est associé à tout ce qui est en lien avec l’énergie, l’action, le mouvement, le changement, en déséquilibre il crée l’agitation, la confusion.

Tamas est ce qui permet à la fois de lâcher prise et d’être détaché, mais en excès peut nous rendre lourd ou dépressif.

Je ne sais pas pour vous, mais il m’arrive parfois dans la même journée ces temps-ci de passer d’un extrême à l’autre. Je peux passer de l’action rajas en me levant le matin en forme, pleine d’énergie… puis pouf! Tout à coup, je me sens tamasique, lourde, découragée….

Il est facile de se laisser emporter par des émotions, des comportements, des pensées dualistes ces derniers temps. Nous sommes « en confinement » depuis maintenant un peu plus de deux mois. Nous avons entendu depuis deux mois presque chaque jour, que nous avions une responsabilité « sociale », nous avions la responsabilité de sauver des vies en restant à la maison. Donc, en plus de devoir sauver des vies, on a dû avoir peur pour la nôtre et pour celle des personnes qui partagent nos vies.

Nous avons été bombardés de « lavez-vous les mains » au moins 20 secondes, laissez vos emplettes dehors pendant 3 heures, désinfectez vos poignées de portes, désinfectez vos voitures, changez vos vêtements en arrivant à la maison…. Toussez dans votre coude, ne sortez pas si vous présentez des symptômes….

Oufff juste à écrire ceci, je suis épuisée… tamas!

Que dire des jours ou je vais à l’épicerie, faire la file, attendre sur ma petite pastille pour respecter les deux mètres… en passant près des gens qui parfois veulent vous passer par-dessus ou d’autres qui tapent du pied derrière au bout des deux mètres parce que vous hésitez devant un produit dans la rangée des conserves. Pour finir, je dois emballer moi-même mon épicerie, celle de mes parents et parfois celle de ma grand-mère.

En partant faire les courses, je suis plein de bonne volonté, d’énergie (rajas) et lorsque je reviens je suis souvent épuisée, (tamas).

Face à mon travail, j’ai un peu la même attitude, certains jours je suis très motivée (rajas) en me disant que je vais réussir à m’adapter à ce changement en apprenant à utiliser les internet et à un jour faire des cours virtuels. Puis à d’autres moments, je me dis que tellement de matériel existe déjà que mes efforts n’apporteront pas les résultats escomptés (découragement, tamas)…

Pour plusieurs personnes ces deux extrêmes peuvent se faire ressentir ces temps-ci et c’est normal. Encore une fois, cette agitation du  mental est présente car le mental  vagabonde entre le passé (une vie paisible, connue et confortable) et  le futur (incertitude, doute). Le mental s’incarne difficilement dans l’instant présent. 

Comment atteindre sattva, un juste équilibre entre un effort juste et un relâchement… ? D’abord, en prenant conscience de mon état, en accueillant cet état et toutes les sensations qui y sont reliées en m’observant, en ouvrant mes yeux, mes oreilles et  mon coeur. Ensuite, en évitant de me juger et de me critiquer.  Enfin, en revenant ici et maintenant (méditation, asana, pranayama) et en prenant conscience que rajas, tamas et sattva font partie de la prakritti (la nature, l’univers) et que cette nature est appelée à changer constamment. Encore une fois, même si parfois c’est difficile d’y croire, avec beaucoup de patience, j’arrive à voir que tout bouge et tout change constamment. 

 

Namaste