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Tout bouge, tout change ; parinâma

J’ai commencé à enseigner le yoga il y a 5 ans.

Lorsque j’ai commencé à enseigner le yoga, mes aspirations gravitaient autour de l’enseignement des asanas. Je mettais beaucoup l’accent sur la pratique de postures. J’avais pourtant suivi une formation de viniyoga, une formation ou la philosophie, les yoga sutra, occupent une grande place.

Autant à travers mon enseignement qu’à travers mes propres pratiques, je mettais majoritairement l’accent sur les postures. Je me suis rendu compte que juste faire des postures de yoga, plutôt que pratiquer des postures de yoga,  ne répondait pas totalement à mes besoins. J’ai donc replongé dans mes livres pour finalement intégrer la philosophie à travers mes pratiques personnelles, puis  dans les cours que je guidais. Tout bouge, tout change.

 

J’ai résisté (dvesha, un des 5 klesha), pendant un certain temps face à mon propre cheminement en me confrontant à vouloir attirer une clientèle qui voulait travailler les asanas, à vouloir être celle que je n’étais pas. Contrairement à ce que je pensais, ce que je voulais autant pour moi que pour les autres, c’était de passer à travers le corps pour accéder à l’esprit. Accéder à ces conditionnements qui ont guidé ma vie durant les trente premières années. Ces « pensées automatiques » comme je les appelle souvent dans mes cours. Ces messages souvent inconscients (venant de l’éducation, des relations, des expériences), que j’ai « acheté » comme une vérité. Parmi ces messages inconscients, il y avait entre autres, celui que je devais faire ce que les autres attendait de moi pour être aimé, avoir peur de m’affirmer par peur de me faire juger, avoir peur de prendre ma place, car je n’en valais pas la peine, toujours faire quelque chose (être en action dans une tâche) car sinon j’étais paresseuse, toujours être là pour les autres par peur d’être oublié, etc.

Lorsque j’ai commencé à vivre les postures de yoga et à écouter les sensations et les émotions qu’elles faisaient monter en moi, j’ai commencé à laisser aller des couches. J’ai laissé aller des couches de ces conditionnements, des couches de souffrance, des couches de « fausses vérités ». J’en ai pleuré des larmes! Des larmes qui ont percé une grande carapace, des larmes qui m’ont libéré d’un grand bouclier. Ce bouclier qui m’avait permis de me montrer forte, de garder un masque, celui ou tout va bien en toutes circonstances. Eh bien, les larmes elles, m’ont données accès à la vulnérabilité. Quel beau cadeau!

En décembre 2018, j’ai terminé l’année avec le constat que j’étais enfin (presque!) le professeur que je devais (intuition et voie intérieure) et que j’avais envie d’être.  Celle qui est douce, qui veut prôner l’Amour de Soi en dépit de tout ce qui a été, qui veut aider les gens à vivre au présent, à prendre le temps, à éprouver du contentement face à leur vie, à voir le beau, mais aussi à bien vivre les dualités, etc. J’avais enfin (presque!) complètement éliminé le sentiment d’imposteur (t’sais celui ou tu as l’impression que tu n’es pas à ta place…). Toutefois, il fallait que je me sente bien, sans m’y attacher et prendre ce sentiment pour acquis ( raga, un des 5 klesha).

Pourquoi je vous parle de tout ça aujourd’hui? Parce que sans m’y attacher , je me sentais bien et à l’aise avec mon type d’enseignement. J’étais enfin (presque!) assumée dans ce que je voulais transmettre, dans ce que je voulais enseigner. L’Amour et l’acceptation de ce qui est…. Que tout bouge et tout change constamment et bien plus, mais en gros que l’Amour prime toujours!

Puis est arrivée la covid-19, le confinement, le changement et l’adaptation à nouveau. Au début, je ne savais pas trop comment faire pour m’ajuster, je voulais garder contact, mais sans contact… je ne sais pas comment faire des vidéos, comment mettre en ligne, comment faire pour transmettre quelque chose d’intéressant à distance. Puis… je me suis lancée j’ai commencé à mettre des vidéos en ligne, j’ai commencé à enregistrer des séances de relaxation, j’ai enregistré des séances de méditation, j’ai commencé une « chaîne you tube » et encore une fois, le sentiment de l’imposteur s’est emparé de moi, le doute est revenu…est-ce que ça vaut la peine que je fasse ça? Est-ce que les gens regardent les vidéos? Est-ce que ce je j’enregistre est intéressant?

La semaine dernière, lorsque le gouvernement a annoncé que peut-être les activités de loisirs, culturelles et sportives reprendraient seulement en 2021, ouffff… quelle claque au visage! Ça, ça veut dire que je n’ai pas fini d’être inconfortable… puis je me suis souvenu à nouveau de cette merveilleuse philosophie, que « rien nous demande plus, d’énergie que de résister au changement ».

Alors, je vais me réajuster encore, élargir mes horizons, aller chercher des programmes pour améliorer les vidéos, des outils pour l’enregistrement, mais surtout je vais continuer de croire en moi, parce qu’au fond, moi, (la source ou le purusha) je suis toujours la même. Au plus profond de moi, ce désir de transmettre, d’enseigner, de répandre l’Amour et le bien Être n’a pas changé.

Je vais continuer à sortir de ma zone de confort, car c’est ce qui me fera le plus grandir. Je vais continuer d’oser, quitte à me tromper, pour apprendre, pour m’améliorer.

Surtout, je me rappelle que cette situation, elle est temporaire et encore une fois, elle changera, car au final, « il n’y a rien de plus permanent que le changement ».

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